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Peut-on dire que le bronze est pour vous un mode d’expression ?
Pourquoi cette fascination pour les bronzes anciens ?
Parce que je pense que l’évolution des techniques n’a rien apporté d’essentiel dans l’art. Tout au plus un certain confort dans la réalisation pratique. La fascination que j’éprouve pour l’art primitif dans le bronze provient justement en partie de l’archaïsme des techniques anciennes utilisées et du degré de maîtrise atteint. Seuls le sens de l’esthétique et des proportions font l’art et déjà dans ces temps très éloignés les conditions de son essence étaient réunies. De plus, en m’intéressant à ce qui se faisait, il y a des milliers d’années, je me sens en phase avec le creuset de la mémoire artistique.
D’où vous vient votre inspiration ?
Elle me vient tout d’abord de la terre cette matière pétrissable à l’infini, malléable à souhait grâce à sa combinaison avec l’eau ; ce deuxième élément indispensable aux toutes premières créations sculpturales. C’est la capacité extraordinaire de ses deux éléments à se transformer sous les doigts qui nourrit mon souffle créateur. En outre, je m’intéresse de près à l’art celtique, étrusque ou encore gallo-romain car j’y retrouve une certaine pureté qui constitue une autre source d’inspiration.
Il y a cette étape essentielle du passage par la fusion qui vous échappe : n’est-ce pas un peu frustrant ?
Pas vraiment. Après avoir abandonné l’ébauche de l’objet aux mains du fondeur, je le retrouve pour modeler définitivement son âme grâce à l’ébarbage, au façonnage, puis plus tard à la patine qui lui donne son aspect le plus intéressant. Je suis au début et à la fin de la chaîne créatrice pour conférer à l’objet toute sa charge émotionnelle, l’essentiel de mon activité est là.
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Vous ne concevez pas l’existence d’un objet dans son rôle purement fonctionnel, il faut donc qu’il ait en plus une charge émotionnelle ?
Socrate excellait dans la « maïeutique », cet art extraordinaire de faire accoucher les esprits des vérités qu’ils contiennent, moi vulgairement je me contente de poser des questions chiantes, j’excelle donc dans la « chiantique » en voici un exemple :
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Vous parlez de souffle créateur et d’âmes : ne pensez-vous pas que le GRAND créateur pourrait percevoir cela comme une concurrence déloyale ?
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